Dispersé entre Lorient et Nantes et formé autour d’Olivier Le Tohic, le quartet Trainfantome n’a jamais été si proche de ses ambitions artistiques qu’avec Constant Farewells, un troisième album en forme d’aboutissement.
La conception de Thirst, précédent album du groupe, avait laissé Olivier dans un état de doute créatif. La perte de sa mère et la venue au monde de son premier enfant ont fait renaître chez lui un besoin vital de création. De retour à Lorient, sa terre natale battue par les tempêtes, Olivier plonge alors à corps perdu dans l’écriture de ce disque et l’enregistre au studio Nennock, pas bien loin de chez lui, entouré d’invité·e·s rencontré·e·s sur les routes ou à l’école : Clarence, Teenage Bed et Terreur. Ainsi qu’un autre dont la participation a des allures de rêve devenu réalité : Kellii Scott, batteur des légendes space rock US Failure, qui tient les baguettes sur le single “Here The Mermaids Play“.
Il n’y a pas de traîtrise des émotions dans la musique de Trainfantome, qui ouvre son cœur avec pour seule promesse de laisser la mélancolie se déverser d’une manière brute et belle. Il suffit d’entendre ces notes de piano qui apparaissent soudainement sur “Origami” pour s’en convaincre.
A l’écoute de ce nouveau disque, on pense aux géniaux Pile, dont l’indie rock complexe ne perd jamais de vue une certaine efficacité mélodique, ou à un certain sens du son cassé et bricolé, partagé avec des groupes comme Duster ou They Are Gutting A Body Of Water.